Programme JE

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Séminaire Lundi 13 avril :

* La communication de Michel BILLIERES (DIPRALANG, EA 739, Univ. Montpellier 3): Problématique de l’enseignement de la prononciation en langue étrangère, est reportée à l’an prochain.

- Marielle RISPAIL (CEDICLEC, Univ. de St Etienne) :

L’approche sociodidactique: rencontres et débats, enjeux méthodologiques.

La sociodidactique est une approche, au carrefour de la sociolinguistique et de la didactique, que j’ai proposée il y a bientôt 20 ans, et qui a donné lieu à un mouvement de travail et de recherche qui se développe de loin en loin et régulièrement. On en perçoit des échos en Asie, comme en Océanie, en Afrique ou en Amérique Latine, pour ne citer que quelques exemples.

Après en avoir tracé un rapide historique, j’en montrerai les bases et les variations, ainsi que les prolongements et questionnements actuels : tant dans le champ de la recherche que dans le champ des pratiques de classe. Je m’appuierai sur les thèses et mémoires de recherche que je dirige pour en dégager les enjeux et présenter le dernier chantier en route, de nature conceptuelle.

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Séminaire lundi 9 mars

(17h – 19h30, salle B 308)

- Henri BOYER (DIPRALANG-EA 739, Univ. Montpellier 3) (proposition modifiée) :

De la production collective d’identité. La patrimonialisation et les identitèmes.

Cette intervention traitera d’une modalité de patrimonialisation (celle-ci considérée comme résultante manifeste d’une production collective d’identité) qui concerne des objets du réel/du vécu sociétal (historique, présent) comme des personnes, des faits/événements, des périodes, des dates, des mots/énoncés… présentant une singularité/unicité avérée. On parle pour les noms désignant les objets en question d’anthroponymes, de praxonymes, de chrononymes, d’héméronymes, et même de logonymes… (Leroy 2004, Bacot, Douzou, Honoré 2008, Calabrese Steinberg 2008, Boyer à paraître) qui sont autant de « petits éléments de connaissance », de « pierres de la [culture mosaïque] » (Moles 1969, faisant référence à Lévi-Strauss), de signes appartenant de manière exemplaire au « langage de la culture [de masse] » (Barthes 1957).
On considèrera cette modalité de patrimonialisation comme l’intégration dans l’ensemble des repères identitaires de la communauté nationale concernée, après figement sémio-linguistique, de signes dont la teneur symbolique fait l’objet d’un consensus quasi général au sein de ladite communauté (qui se manifeste au travers de diverses sortes de « mises en scène » et de célébrations) et qui fonctionnent comme unités sémiolinguistiques autonomes et de nature fondamentalement dialogique, aujourd’hui prioritairement dans l’interdiscours politico-médiatique. Il s’agit de désignants de formats divers, de « formules », « lieux discursifs » (Krieg-Planque 2009), « aphorisations » (Maingueneau 2011) : des signes pourvus d’une dimension ethnosocioculturelle indiscutablement notoire et stabilisée et dont le répertoire intègre un ensemble d’unités linguistiques de nature variée mais aussi des productions scripto-iconiques, audio-visuelles, etc.
Pour ma part je considère que ces unités sémiolinguistiques relèvent d’un fonctionnement fondamentalement identitaire: c’est pourquoi je les appellerai volontiers identitèmes .

Eléments de bibliographie

BACOT P., DOUZOU L., HONORE J-P. (2008), « Chrononymes. La politisation du temps », MOTS. Les langages du politique n° 87, Lyon, ENS Editions
BARTHES R. (1957), Mythologies, Paris, Seuil (Collection Points).
BOYER H. (2003), De l’autre côté du discours. Recherches sur le fonctionnement des représentations communautaires, Paris, L’Harmattan.
BOYER Henri (2008), Langue et identité, Limoges, Lambert-Lucas
BOYER H. (2008a), « Fonctionnements sociolinguistiques de la dénomination toponymique », Mots. Les langages du politique n° 86, mars 2008, p 9-21
BOYER H, (2008b), « Stéréotype, emblème, mythe. Sémiotisation médiatique et figement représentationnel », MOTS. Les langages du politique n° 88, Lyon, ENS Editions
BOYER H. 2011, « Mots et patrimoine, mots du patrimoine », dans: Le Patrimoine dans tous ses états, sous la dir. de H. Mahé de Boislandelle, Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan
BOYER H., CARDY H. (2011), « Localiser, identifier, valoriser », Les collectivités territoriales en quête d’identité, Mots. Les langages du politique n° 97, Lyon, ENS Editions, p. 5-13
BOYER Henri et KOTSYUBA UGRYN Tetyana « Pasionaria. Du mythe au stéréotype … en passant par les médias », Mots. Les langages du politique n° 98, mars 2012, Lyon, ENS LSH, ENS Editions, p. 111-120
BRUNEL P. dir. (1999), Dictionnaire des mythes d’aujourd’hui, Paris, Editions du Rocher
CALABRESE STEIMBERG L. (2008), « Les héméronymes. Ces événements qui font date, ces dates qui deviennent événements », Mots. Les langages du politique n° 88, Lyon, ENS Editions, p. 115-128
CHARAUDEAU Patrick et MAINGUENEAU Dominique (dirs), 2002, Dictionnaire d’analyse du discours, Paris, Seuil.
COLLES L. (2007), « Enseigner la langue-culture et les culturèmes », Québec français n° 146
CUCIUC N. (2011), « Traduction culturelle: transfert de culturèmes », La Linguistique 2011/2 – Vol. 47
GALISSON R. (1987), «Accéder à la culture partagée par l’entremise des mots à CCP», Études de Linguistique Appliquée, n° 67.
GALISSON R. (1995), « Les palimpsestes verbaux : des révélateurs culturels remarquables, mais peu remarqués… », Les Cahiers de l’ASDIFLE, 6
GENETTE G. (1982), Palimpsestes, Paris, Seuil
KRIEG-PLANQUE A. (2009), La notion de « formule » en analyse du discours, Besançon, Presses Universitaires de Franche-Comté
LAFONT R. (1986), « Contrôle d’identités », dans La Production d’identités, Montpellier, Université Paul-Valéry-CNRS
LECOINTE M., 1996, « Statut de l’imaginaire », Transdisciplines n° 1/2, Paris, L’Harmattan
LEROY Sarah (2004), Le nom propre en français, Paris, Ophrys
LOCHARD G. et BOYER H. (1998), La communication médiatique, Paris, Seuil
LUNGU-BADEA G. ((2009), « Remarques sur le concept de culturème », Translationes 1, Timisoara: Editura Universitatii de Vest
LUQUE NADAL L. (2009), « Los culturemas: unidades lingüísticas, ideológicas o culturales? », Language Design 11.
MACE E. (2006), Les imaginaires médiatiques. Une sociologie postcritique des médias, Paris, Editions Amsterdam
MAHE DE BOISLANDELLE H. (2011), « Le concept de patrimoine », dans: Le Patrimoine dans tous ses états, sous la dir. de H. Mahé de Boislandelle, Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan, p. 13-31
MAINGUENEAU D. (20O6),  » Les énoncés détachés dans la presse écrite. De la surassertion à l’aphorisation », dans Marc Bonhomme et Gilles Lugrin éds., Interdiscours et intertextualité dans les médias, TRANEL N° 44, Institut de linguistique de l’Université de Neuchâtel, p 107-120
MOLES A. (1967), Sociodynamique de la culture, Paris-La Haye, Mouton et Cie
NORA P. dir., 1997, Les lieux de mémoire, Paris, Gallimard
PASTOUREAU M., 1998, Les emblèmes de la France, Paris, Editions Bonneton.
ROUQUETTE M-L. et RATEAU P. (1998), Introduction à l’étude des représentations sociales, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble.
TROUILLAS P. (1988), Le complexe de Marianne, Paris, Seuil.
VERON E., 1991, « Les médias en réception : les enjeux de la complexité », Médias-pouvoirs n° 21.

- Jean Léo LEONARD, (EA 4509 STIH Sens, Textes, Informatique, Histoire Univ. Paris-Sorbonne)
Anthropologie culturelle et formation des maîtres bilingues en milieu autochtone au Mexique : Sol y Luna.

Dans le cadre du projet MAmP (Mesoamerican Morphophonology) de l’IUF (2009-14) – cf. http://jll.smallcodes.com/home.page –, plus de 30 ateliers d’écriture et de formation des maîtres bilingues méso-américains ont été réalisés (cf. Talleres / Ateliers | axe7.labex-efl.org), dans une perspective de recherche-action en faveur de formes d’éducation bilingue et interculturelle alternatives à la politique d’aménagement linguistique actuelle au Mexique, qui s’avère davantage de jure que de facto. Une politique linguistique volontariste sur le papier, mais inopérante et déprogrammée en permanence dans les faits, selon le régime de la forfaiture déclarative (dire, mais ne pas donner les moyens de faire : cf. Léonard, 2009). La perspective de ces stages ou ateliers se voulait résolument critique et réflexive, face aux menaces qu’affrontent actuellement les communautés autochtones du Mexique. Il s’agissait de travailler sur la langue et dans la langue autochtone, pour une éducation intégrale qui transcende la langue, en articulant le local et le global, avec une conscientisation aussi bien glottopolitique que socioéconomique quant aux enjeux du maintien de la langue, pour la préservation du lien social face aux phénomènes de prédation globale. Une gamme diversifiée de solutions techniques a été développée, souvent de manière expérimentale, afin d’entrer en synergie avec des initiatives locales existantes (tequio pedagogico, CMPIO, Red EIBI, etc.), auprès de groupes de maîtres bilingues recherchant des modes de transmission de la langue et de valorisation des savoirs endogènes.
Dans cette gamme d’utopies réalisables (au sens de Yona Friedman, cf. Léonard, 2013), les ateliers Sol y Luna, basés sur une critique des contenus culturels d’un des mythes les plus répandus en Méso-Amérique, constituent un module réflexif sur les composantes socio-culturelles et politiques des communautés autochtones zapotèques et mazatèques (Etat de Oaxaca). Sol y Luna est un mythe cosmogonique qui raconte comment deux orphelins ont été sauvés des eaux par des demi-dieux menant une existence anomique dans la montagne (des déités cyniques), puis se sont rebellés contre les mensonges de leurs protecteurs, après avoir déjoué leur tromperie et leur avoir volé le feu au prix de leur vie. De la guerre entre les deux enfants – appelés à devenir deux astres au terme de leur lutte contre leurs faux parents – et les déités cyniques, naissent les animaux et la terre sous sa forme actuelle, ainsi que la configuration du soleil et de la lune. Sol y Luna est, selon les termes de Edward O. Wilson au sujet de l’eusocialité, « un mélange complexe et très calibré d’altruisme, de coopération, de compétition, de domination, de réciprocité, de défection et de tromperie » (Wilson, 2013 : 34). C’est aussi une critique du paternalisme prédateur et des idéologies tutélaires des temps modernes – comme l’hégémonie néolibérale.
L’utilisation de ce conte, dont une remarquable version en mazatec de Jalapa de Diaz a été récemment publiée par le linguiste mazatec Froylan Pérez Moreno (2008), a servi de support à des ateliers d’écriture axés sur une lecture critique des conditions de résistance et de résilience socioculturelle en milieu autocthone méso-américain, à l’aide de la grille analytique projetée par Eckart Boege sur les contradictions de l’identité mazatèque face à la modernité et, vice versa, sur les contradictions de l’Etat-nation mexicain face aux identités autochtones (Boege, 2008). Les ateliers Sol y Luna ont ainsi permis de développer une approche réflexive en zapotec et en mazatec des contradictions de la condition postmoderne en milieu autochtone dans le contexte de dépossession et de prédation néolibérales. Ils ont fonctionné comme un prisme révélateur de la crise des identités sociolinguistiques, de la perte des savoirs et de l’atomisation des communautés rurales dans le contexte de la mondialisation. Ils ont aussi permis de travailler les langues et les savoirs autocthones de manière non folklorisante, au-delà du « cosmovisionisme » (cf. Léonard, 2009), à l’aide d’une Méthodologie d’Anthropologie Sociale Critique (M.A.S.C).

Références :

Boege Eckart, 1998. Los mazatecos ante la nación. Contradicciones de la identidad étnica en el México actual, México, Siglo XXI.
Léonard, Jean Léo, 2009. « L’aménagement linguistique entre paix et conflit : Guatemala des Accords de Paix Ferme et Durable (APFD) et Chiapas insurgé, 1994/96-2009 ».
Giovanni Agresti (ed.), 2011 : Actes du colloque Diritti Linguistici ; Rovesciare Babele, Teramo, pp. 225-244.
Léonard, Jean Léo, 2013. « Techniques d’immersion en contexte de bilinguisme inéquitable : tequio pedagogico au Mexique », colloque Immersion, pédagogie et nouvelles technologies, de l’Institut Supérieur des Langues de la République Française (ISLRF), La Grande Motte ; accessible en ligne sur http://aprene.org/fr/node/2597 : voir http://aprene.org/fr/node/2675).
Moreno, Froylan Pérez (2008). Xujun én ntáxjo. Narraciones mazatecas con glosario Mazateco de Jalapa de Díaz y español. Mexico: Instituto Lingüístico de Verano, A.C.
Wilson, Edward O., [2012]-2013. La conquête sociale de la terre, traduction par Marie-France Desjeux, Paris, Flammarion.

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Séminaire lundi 9 février
(17h – 19h30, salle B 308)

L’intervention de Mohamed MILED (DIPRALANG, E.A. 739 et Université de Carthage) : L’élaboration des curriculums en français langue seconde/étrangère, a dû être reportée à l’année prochaine.
En remplacement nous avons le plaisir d’accueillir :

- Didier RAULT (Université Paul-Valéry, Montpellier) :
Les formations LEA : ni lieux ni objets de recherche – Le cas des études hispaniques
Alors que les filières d’enseignement classique des langues (Langues, Littératures et Cultures Etrangères) déclinent, en lien avec la désaffection du métier d’enseignant, les formations de Langues Etrangères Appliquées connaissent une progression lente mais ininterrompue depuis au moins quinze ans. De ce fait, elles sont désormais devenues majoritaires dans les formations de langues vivantes, et l’accroissement récent des recrutements d’enseignants et d’enseignants-chercheurs avec profil LEA témoigne des besoins.
De nombreux linguistes enseignants-chercheurs consacrent donc une bonne part de leur enseignement à la Licence et au Master LEA, et cette situation ne fait que s’amplifier. Cependant, ils n’ont pas été formés aux besoins spécifiques de ces formations, et leurs travaux de recherche n’ont souvent qu’un assez lointain rapport avec les enseignements qu’ils donnent, au contraire de la plupart des autres disciplines universitaires.
Il existe certes des départements de Langues Etrangères Appliquées, et même quelques UFR dédiées à l’enseignement des LEA, plusieurs laboratoires de recherche universitaire qui se consacrent à la didactique des langues étrangères dans ses différents champs, mais il n’y pas en France de laboratoire, de lieu de recherche désigné comme LEA. Les langues appliquées ne sont pas non plus un objet de recherche. Pourtant, l’effectif étudiant LEA représente aujourd’hui 8% du total des étudiants de Licence et Master, toutes disciplines universitaires confondues.
Cet état de fait surprend et interroge, tout particulièrement dans le cas des études hispaniques. En effet, si les anglicistes ont une grande tradition d’exploration en DLE, ce n’est pas le cas des hispanistes français. Leurs orientations didactiques et scientifiques très conservatrices, de l’enseignement secondaire à l’Université, amplifient le hiatus entre les besoins de filières professionnalisantes et les intérêts d’un grand nombre d’enseignants-chercheurs qui n’ont que peu de raisons de chercher à les satisfaire.
Longtemps occulté, le constat n’a été dressé que récemment par les représentants de l’hispanisme, et les conséquences n’en ont pas été tirées. La première nécessité, à laquelle s’attachera cette communication, c’est de poser, pour le cas des études hispaniques, les premiers éléments d’un état des lieux et de voir les développements possibles dans les champs disciplinaires qui pourraient concerner LEA et ceux qui y enseignent.

- Samira MOUKRIM (Laboratoire DIPRALANG (E.A. 739), Université de Fès) :
Les marqueurs de l’identité amazighe dans les réseaux numériques.
Corpus :
Les données d’environ 1000 profils des utilisateurs (amazighs/berbères) de Facebook

Méthode :
Observation systématique et catégorisation de différents phénomènes (ou marqueurs) porteurs de signification par rapport à l’identité linguistique et culturelle amazighes

Résumé :
Les pratiques sociales autour des réseaux numériques peuvent nous apprendre beaucoup de choses en matière d’identité. Dans le cas de l’amazighe, ces réseaux contribuent à une sorte d’éveil identitaire : les internautes prennent de plus en plus conscience d’eux mêmes et des éléments qui fondent leur identité collective.

En s’inscrivant sur un réseau social, on recherche souvent un accomplissement de besoins non assouvis dans la vie réelle, en particulier les besoins d’ ‘’appartenance’’ et de ‘’reconnaissance’’. La traditionnelle pyramide de Maslow pourrait constituer l’un des outils d’analyse permettant de mieux comprendre le comportement des usagers sur les réseaux sociaux.

Les internautes amazighs expriment leur sentiment d’appartenance en déclarant que l’amazighe est leur langue. Ils trouvent ainsi la possibilité d’exister et de se façonner une notoriété. Ce sentiment d’appartenance est déterminé par la valeur mythique qu’ils attribuent à leur langue et à leur culture.

Sur les réseaux numériques, notamment Facebook, les marqueurs de l’identité amazighe que j’ai identifiés se situent tant au niveau du profil (photo, pseudonymes…), qu’au niveau des publications (textes, liens…) des utilisateurs. Dans cette présentation, je procéderai à une catégorisation des marqueurs de l’identité amazighe au niveau du profil, plus particulièrement les pseudos et les photos.

Les pseudonymes identifiés sont le produit d’une nécessité de s’intégrer à une communauté : « le pseudonyme représente un ‘’fragment’’, un ‘’aspect’’ de l’individu (…) souvent en rapport avec le groupe social auquel il s’intègre » (Cislaru, G. 2009, p. 45). De même le choix de la photo du profil, il révèle la manière dont l’internaute veut se présenter aux yeux des autres, c’est un acte signifiant.

Les utilisateurs amazighs revendiquent, à travers les photos du profil et les pseudonymes choisis pour les représenter sur Facebook, leur appartenance à la communauté amazighe. Derrière leurs choix, il y a une intention de communiquer sur soi et un désir de s’identifier et d’exister.

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Séminaire 19 janvier

(17h – 19h30, salle B 308, Université Paul-Valéry Montpellier)

- Patrick ANDERSON, (Laboratoire DIPRALANG (E.A. 739), Univ. Paul-Valéry Montpellier et Univ. de Franche-Comté).

De la parole attendue à la parole entendue » ou comment la DLE a éradiqué l’enjeu de la parole.

La DLE et particulièrement la Didactique du FLE a tenté à partir du moment où l’apprentissage de l’écrit n’a plus été l’objectif essentiel de se confronter à la mise en œuvre des moyens de faire parler en classe de langue. Se heurtant avec les différentes options méthodologiques adoptées à l’axiome ou au truisme qui veut que l’on ne parle pas lorsqu’on n’a rien à dire ! Autrement dit, pour qu’il y ait parole encore faut-il qu’il y est un enjeu. Persistant à délimiter et à contenir la parole dans une dimension purement informative, allant de pair avec une définition instrumentale de la langue, (Cf : l’approche communicative, la perspective actionnelle), l’enjeu même de la parole du sujet au fondement même de l’acte d’apprendre une langue inconnue a disparu. A l’opposé donner place à la parole évocante ce peut être parfois convertir de la parole attendue en parole entendue et renouer en cela avec le fondement de l’acte d’apprendre. Nous envisagerons donc de parler de cette dimension qui touche au parlêtre mais que les options dominantes du champ ne veulent surtout pas entendre.

Références : ALLIONE C., La haine de la parole, Paris, (LLL) Les liens qui Libèrent.
ANDERSON P., (2014) « Des effets de ce que livre « le divin marché » au plan de l’enseignement des langues» in Coracini M.J & Carmagnani A.M.G. Midia, exclusâo e ensino : Dilemas e desafios na contemporaneidade, Campinas, S.P. Pontes Editores, Brésil.
(2012) «Comment nouer ensemble le divers, l’étrange et le singulier. » in Désir de culture dans les sociétés contemporaines vers la crise ou de nouveaux usages ?, EME, Bruxelles.
(2012) « Amour des langues / amour de la langue» In : Actes du Colloque international L’amour des langues – La formation des maîtres en Europe, Besançon, 3-4 octobre 2011. Besançon : IUFM de l’Université de Franche-Comté.
CASTAREDE M.F. & KONOPCZYNSKI G.,(2005) Au commencement était la voix, Toulouse, Eres, CASTAREDE M.F.,(1987) La voix et ses sortilèges, Paris, Les Belles Lettres.
FICHTE J.G., (1794) Conférences sur la destination du savant, tr.fr., Paris, Vrin, 1994
GOLDSCHMIDT G-A., (2009), À l’insu de Babel, Paris, CNRS Éditions.
HEIDEGGER M., (1953), Langue de tradition et langue technique, réédition Bruxelles, Leber Hossmann, 1990.
(1959) Acheminement vers la parole, Paris, Gallimard, tr.fr.1966. KANT E., (1776) Réflexions sur l’éducation, Paris Vrin 1993.(7ème édition)
(1784) Qu’est-ce que les lumières ?, Berlin, Monatschrifst tr. fr., Paris G.F. 1991. LACAN J.,(1958-1959)Le Séminaire VI, , le désir et son interprétation, Paris, Seuil.
(1966), Écrits, Paris, Seuil
MESCHONNIC H.,(1982) Critique du rythme, anthropologie historique du langage, Lagrasse, Verdier.
(1982), Qu’entendez vous par oralité ? » in Langue Française n°56, Paris, Larousse. MIZUBAYASHI Akira (2011), Une Langue venue d’ailleurs, Paris, Gallimard.

- Gilles SIOUFFI (Laboratoire STIH, Univ. Paris-Sorbonne).

Aspects du sentiment linguistique.

Une des difficultés que rencontrent bon nombre de chercheurs en sciences du langage aujourd’hui est la tendance à la réification des objets linguistiques qui s’observe dans le domaine depuis l’époque structuraliste. Le séminaire se propose d’examiner une manière de contourner ce problème par le biais de la notion de sentiment linguistique. Une première partie sera consacrée à une réflexion de nature terminologique et théorique sur le contenu dont on peut investir la notion. La deuxième partie se consacrera à trois études de cas qui montreront l’opérativité possible de la notion de sentiment linguistique dans des domaines où la description est allée souvent loin dans des directions objectivantes : la phonétique, le lexique et la syntaxe. On élargira enfin le propos aux liens entre sentiment linguistique et changement.

 Bibliographie :
SIOUFFI, Gilles, dir., 2012, numéro “Sentiment de la langue et diachronie”, revue Diachroniques, numéro 2, Presses de l’Université Paris-Sorbonne.
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Séminaire 15 décembre 2014

Séminaire mensuel de DIPRALANG (E.A. 739)
Lundi 15 décembre de 17h à 19h30 en B 308, UPV, Route de Mende

- Teddy ARNAVIELLE (Laboratoire DIPRALANG (E.A. 739), Université Paul-Valéry Montpellier).
Pour une grammaire unifiée, fondée sur le principe de l’incidence.
Cette conférence s’inscrit dans la suite de celle donnée en décembre 2012 : Peut-on écrire une grammaire de l’incidence ? Cette grammaire est maintenant écrite, et sera publiée dans quelques mois sous le titre de Grammaire unifiée. Le principe d’incidence. Le projet, élaboré au cours de quarante années d’enseignement de la grammaire et de ses théories, était d’appliquer à la morphosyntaxe du français le principe de l’incidence, posé et défini par Guillaume, appliqué par Moignet (Systématique de la langue française, 1981), avec sa grande subdivision, interne et externe . Mais cette application a été jugée incomplète, ne portant à peu près que sur le niveau du mot. Le principe est utilisé par Moignet pour définir le statut sémantique et, dans une mesure moindre, et critiquable (cohérence douteuse), syntaxique, de l’ensemble des parties de langue. L’auteur laisse entendre que le principe doit être étendu aux autres niveaux : groupe (ou syntagme), phrase notamment. Le temps lui a manqué pour en faire la démonstration.
Le principe de l’incidence revient dans le débat au début de ce siècle avec la parution de la Grammaire critique du français, de Marc Wilmet (1e éd. 1997 ; dernière – à ce jour – 2010). L’incidence de la tradition guillaumienne est remplacée par l’extension, principe unificateur des classes de mots ou parties du discours (ou encore de langue) ; le terme d’incidence est conservé pour désigner les relations syntaxiques (les fonctions). A. Vassant (2006), tenante de l’orthodoxie, est très critique devant cette banalisation, et tente de restaurer la tradition guillaumienne (notamment en intégrant la question du syntagme), d’une façon pour nous insuffisante.
Notre projet est tout différent : il s’agit de montrer que le principe d’incidence fonctionne
• au plan sémantique et au plan syntaxique
• au niveau du mot et aux autres niveaux, supérieurs : groupe, sous-phrase, phrase, texte (Joly, 2001) même, et inférieur : affixes.
On est forcé pour ce faire de recourir à des notions forgées : sur-incidence, sous-incidence, sommation d’incidences ; de rappeler le lien fort entre incidence et référence ; de s’appuyer aussi sur des auteurs fort éloignés de la psychomécanique (Tesnière et l’actance, Coseriu).
Tentative d’unification, donc, qui veut éviter l’éclectisme et la simplification.

Autre extension, plus prévisible : la diachronie. Un principe aussi fondamental est inévitablement transhistorique ; on a tenté de le montrer, en dégageant stabilités et inflexions historiques.
Au plan de la didactique de la grammaire, cet ouvrage peut permettre d’éviter l’émiettement et le compartimentage des analyses, et de pacifier le débat, scientifique et pédagogique sur grammaire de phrase et grammaire de texte (voire de discours).

- Claudine MOISE (Laboratoire LIDILEM, Université. Stendhal Grenoble 3).
La modélisation de la violence verbale (sociolinguistique ethnographique et interactionnelle).

Dans le domaine francophone, la recherche sur la violence verbale s’inscrit dans une approche autour de la politesse ou touche des éléments très circonscrits (en général les insultes ou les outrages) qui ne considèrent pas toujours le phénomène de la violence verbale pris plus largement dans un contexte, des émotions et des luttes de pouvoir. Les travaux portent sur les phénomènes lexico-sémantiques, pragmatiques et énonciatifs, voire sociolinguistiques dans la lignée de Labov autour des joutes verbales. Pour ma part, à partir d’un champ, investi davantage du côté anglo-saxon, celui de l’échange conflictuel – Conflict Talk -, je proposerai, à partir d’analyses d’interactions et dans une perspective sociolinguistique, une modélisation de la violence verbale.

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