Séminaire 15 décembre 2014

Séminaire mensuel de DIPRALANG (E.A. 739)
Lundi 15 décembre de 17h à 19h30 en B 308, UPV, Route de Mende

- Teddy ARNAVIELLE (Laboratoire DIPRALANG (E.A. 739), Université Paul-Valéry Montpellier).
Pour une grammaire unifiée, fondée sur le principe de l’incidence.
Cette conférence s’inscrit dans la suite de celle donnée en décembre 2012 : Peut-on écrire une grammaire de l’incidence ? Cette grammaire est maintenant écrite, et sera publiée dans quelques mois sous le titre de Grammaire unifiée. Le principe d’incidence. Le projet, élaboré au cours de quarante années d’enseignement de la grammaire et de ses théories, était d’appliquer à la morphosyntaxe du français le principe de l’incidence, posé et défini par Guillaume, appliqué par Moignet (Systématique de la langue française, 1981), avec sa grande subdivision, interne et externe . Mais cette application a été jugée incomplète, ne portant à peu près que sur le niveau du mot. Le principe est utilisé par Moignet pour définir le statut sémantique et, dans une mesure moindre, et critiquable (cohérence douteuse), syntaxique, de l’ensemble des parties de langue. L’auteur laisse entendre que le principe doit être étendu aux autres niveaux : groupe (ou syntagme), phrase notamment. Le temps lui a manqué pour en faire la démonstration.
Le principe de l’incidence revient dans le débat au début de ce siècle avec la parution de la Grammaire critique du français, de Marc Wilmet (1e éd. 1997 ; dernière – à ce jour – 2010). L’incidence de la tradition guillaumienne est remplacée par l’extension, principe unificateur des classes de mots ou parties du discours (ou encore de langue) ; le terme d’incidence est conservé pour désigner les relations syntaxiques (les fonctions). A. Vassant (2006), tenante de l’orthodoxie, est très critique devant cette banalisation, et tente de restaurer la tradition guillaumienne (notamment en intégrant la question du syntagme), d’une façon pour nous insuffisante.
Notre projet est tout différent : il s’agit de montrer que le principe d’incidence fonctionne
• au plan sémantique et au plan syntaxique
• au niveau du mot et aux autres niveaux, supérieurs : groupe, sous-phrase, phrase, texte (Joly, 2001) même, et inférieur : affixes.
On est forcé pour ce faire de recourir à des notions forgées : sur-incidence, sous-incidence, sommation d’incidences ; de rappeler le lien fort entre incidence et référence ; de s’appuyer aussi sur des auteurs fort éloignés de la psychomécanique (Tesnière et l’actance, Coseriu).
Tentative d’unification, donc, qui veut éviter l’éclectisme et la simplification.

Autre extension, plus prévisible : la diachronie. Un principe aussi fondamental est inévitablement transhistorique ; on a tenté de le montrer, en dégageant stabilités et inflexions historiques.
Au plan de la didactique de la grammaire, cet ouvrage peut permettre d’éviter l’émiettement et le compartimentage des analyses, et de pacifier le débat, scientifique et pédagogique sur grammaire de phrase et grammaire de texte (voire de discours).

- Claudine MOISE (Laboratoire LIDILEM, Université. Stendhal Grenoble 3).
La modélisation de la violence verbale (sociolinguistique ethnographique et interactionnelle).

Dans le domaine francophone, la recherche sur la violence verbale s’inscrit dans une approche autour de la politesse ou touche des éléments très circonscrits (en général les insultes ou les outrages) qui ne considèrent pas toujours le phénomène de la violence verbale pris plus largement dans un contexte, des émotions et des luttes de pouvoir. Les travaux portent sur les phénomènes lexico-sémantiques, pragmatiques et énonciatifs, voire sociolinguistiques dans la lignée de Labov autour des joutes verbales. Pour ma part, à partir d’un champ, investi davantage du côté anglo-saxon, celui de l’échange conflictuel – Conflict Talk -, je proposerai, à partir d’analyses d’interactions et dans une perspective sociolinguistique, une modélisation de la violence verbale.

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