Séminaire de l’EA-739 DIPRALANG

Lundi 23 janvier, 17h salle Jourda

Djamel Zenati (Professeur certifié en lettres modernes, Escoliers de la
Mosson, Montpellier) :

Réforme du collège : principes éthiques et limites politiques 

L’instituteur et le prêtre sont-ils, par la nature même de leur ministère, réfractaires à toute tentative de réforme ? Craignent-ils la  mise en débat de leur magistère ? Est-ce là la seule raison qui provoque la crispation et alimente les  débats qui accompagnent la réforme du collège et les nouveaux  dispositifs qu’elle met en branle ? En quoi ces derniers sont -ils novateurs ? Impliquent-ils une simple correction des règles existantes ou une rupture visant à la fois à réorganiser et améliorer le  fonctionnement du collège, et à ancrer une conception rénovée de la citoyenneté et de la société ? Ainsi posées, ces questions déboucheront sur l’examen du principe égalitaire de cette réforme confrontée au libéralisme ambiant, et des moyens politiques mis à son service.Cette intervention s’articule autour de deux moments. Un premier, à  visée générale, exposera le principe qui préside à la genèse de cette  réforme ; et un second, à visée particulière, qui s’attachera à montrer les modalités de sa mise en œuvre dans le cadre de l’enseignement du français et des langues étrangères, régionales et anciennes.

Jean-Jacques Richer (Pôle SIUN – CFOAD, Université de Bourgogne) :

Pour une reconceptualisation de la didactique du FOS

En France, le modèle d’élaboration de formations en Français sur Objectifs spécifiques (désormais FOS) de Mangiante et Parpette (2004),  avec ses cinq étapes : /la demande de formation// /l’analyse des besoins// /la collecte des données// /l’analyse des données//
/l’élaboration des activités/, est utilisé d’une manière réductrice, sans aucune distance critique, comme s’il était intangible. Or ce modèle comporte d’une part un certain nombre de notions problématiques sur lesquelles il convient de revenir, ne serait-ce qu’en
rappelant certaines critiques déjà anciennes, mais toujours pertinentes, et d’autre part des manques. L’étude de ces notions problématiques et de ces manques constituera le premier temps de mon intervention. De plus, le modèle de Mangiante et Parpette minore fortement l’ingénierie pédagogique en assimilant la méthodologie du FOS à celle de  l’Approche Communicative. Toutefois, un certain nombre d’apports de la  linguistique, et de la sociologie, de l’ergonomie, de la psychologie du  travail ouvrent la possibilité de développer la Perspective actionnelle seulement esquissée par le /Cadre européen de référence/ (Didier, 2001) afin qu’elle trouve dans le FOS son terrain d’exercice privilégie, ce que je développerai dans le second temps de mon intervention.

 

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 rfslogo2Congrès 2017

Appel à communications

IDENTITÉS, CONFLITS ET INTERVENTIONS

SOCIOLINGUISTIQUES

Montpellier, Université Paul-Valéry, DIPRALANG EA 739

14, 15, 16 juin 2017

http://rfs2017.upv.univ-montp3.fr/

 

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Séminaire DIPRALANG

24 octobre 2016, 17h (Salle Jourda)

Effets des enjeux idéologiques de la Revitalisation : clarifications de linguistes sur deux terrains de langues très menacées.

Colette Grinevald et Michel Bert, UMR DDL Lyon2 – CNRS (coords. de l’équipe « Langues en Danger : Terrain – Documentation – Revitalisation » (LED-TDR))

L’équipe Langues en Danger : Terrain – Documentation – Revitalisation (LED-TDR) du Laboratoire DDL Auvergne – Rhône-Alpes participe activement aux réflexions au sein de la linguistique sur le phénomène des LED : de la prise de conscience du phénomène LED par des linguistes de terrain, dans les années 90, aux réflexions sur l’évaluation de la vitalité des langues (UNESCO 2003), sur les méthodes de collecte de données et les spécificités des profils possibles de locuteurs/informateurs de LED dans une dimension éthique du travail avec eux (Grinevald & Bert 2014). Elle poursuit actuellement ces réflexions autour du thème des enjeux idéologiques (Grinevald & Bert 2012, 2014) sous-jacents à la Revitalisation des LED (Costa 2010), en particulier ceux de situations de langues très menacées, en contextes dits postvernaculaires (Pivot 2014). Les dynamiques de deux situations de terrain actuelles seront présentées : celle du francoprovençal (France) et celle de langues « dormantes » de l’Oregon (USA).

Bibliographie

Costa, James. 2010. Revitalisation linguistique : discours, mythes et idéologies; approche critique de mouvements de revitalisation en Provence et en Ecosse. Thèse de Doctorat, Grenoble 3. http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00625691/.

Bert, M., Costa, J., Grinevald, C. & Martin, J.B., 21012, Langues de France, langues en danger : aménagement et rôle des Linguistes. Cahiers de l’Observatoire des pratiques linguistiques n° 3 de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France, Toulouse, Privat.

Grinevald C. & Bert M., 2010, Linguistique de terrain sur langues en danger: Locuteurs et linguistes, Faits de Langues 35-36,. Paris: Ophrys.

Grinevald, C. & Bert M., 2014, « Whose ideology, where and when? Rama (Nicaragua) and Francoprovençal (France) experiences », in Endangered Languages: Beliefs and Ideologies in Language Documentation and Revitalisation, Austin, P. & Sallabank, J. (eds), Oxford, Oxford University Press, pp. 357-386

Pivot, B. 2014, Revitalisation de langues postvernaculaires : le francoprovençal en Rhône-Alpes et le rama au Nicaragua, thèse de doctorat, Lyon, France: Lyon 2.

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Journée d’étude

guerre-languesProgramme

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Séminaire mensuel 2015-2016

Lundi 9 mai

 (17h – 19h, salle Jourda, Bât. E., Université Paul-Valéry Montpellier)

Séance en région de l’Atelier de Recherches Linguistiques sur le Genre et les Sexualités : Julie ABBOU (CREM-Praxitexte, Université de Lorraine), Alice COUTANT(Philépol, Paris 5), Mona GERARDIN-LAVERGE (CPCS, Paris 1), Noémie MARIGNER (PLEIADE, Paris 13 / CLESTHIA, Paris 3) :

Intégrer la dimension genre dans les analyses (socio)linguistiques : questions d’objets et de paradigmes.

Puisque la sociolinguistique se préoccupe des rapports sociaux, et que les rapports sociaux vont rarement sans rapport de pouvoir, la sociolinguistique fait partie des domaines qui se sont intéressés au genre, compris comme un rapport de pouvoir ou de domination.

Cela est vrai du monde anglophone (qu’on pense à des auteurs classiques des Gender & Language Studies telles que Coates, Holmes, Eckert, McConnell-Ginett, Sunderland, Bucholtz, etc. comme aux travaux plus récents publiés par exemple par la revue Gender & Language), mais aussi, dans une moindre mesure, du monde francophone (Moïse, Greco, Bailly, Armstrong pour la France, Larivière, Labrosse, Beauchamp, Poplack au Québec, Duchêne, Elmiger en Suisse, etc.[1]). La plupart de ces recherches placent le genre au cœur de leur démarche, et chaussent, selon l’expression de Bem, les lunettes du genre. C’est-à-dire que le genre y est pris comme paradigme d’analyse avant d’être un objet d’étude.

Or, en sociolinguistique, comme dans l’ensemble des sciences humaines et sociales, le genre a connu les heurs et malheurs des concepts à la mode. De plus en plus de travaux intègrent une dimension genre dans leurs analyses. Et si l’on peut se féliciter d’une large prise en compte de ce rapport social, il ne faut pas perdre de vue que le genre ne peut être réduit à une simple variable comme c’est le cas dans de nombreux travaux, variationnistes ou non. En effet, la description des pratiques linguistiques des hommes et des femmes ne suffit pas à parler de genre. C’est en se concentrant sur les catégories sociales de la masculinité et de la féminité au prisme du langage que l’on peut plutôt, nous semble-t-il, travailler sur la fabrique de ces catégories à travers la langue et le discours. Cela implique une approche constructiviste, qui, parce qu’elle est politique, n’est pas partagée par l’ensemble des chercheur.es de la discipline.

Avec cette communication à plusieurs voix issues de différentes disciplines du langage, nous voudrions ainsi revenir sur la nécessaire prise de position politique qu’implique un travail sur le genre, et, conséquemment, sur l’impossibilité de mener une analyse non-critique du genre. Autrement dit, travailler sur le genre requiert de positionner nos savoirs et nos pratiques de recherches. Nous croyons que ces approches trouvent des complicités avec les approches sociolinguistiques critiques. Et c’est à ce titre que nous souhaitons entamer un dialogue sur les apports méthodologiques et épistémologiques que les études de genre peuvent fournir à une analyse sociale et située des pratiques langagières.

« c’est incontestablement dans la critique des catégories de la pensée que le féminisme connaît son impact le plus important »

Fougeyrollas-Schwebel, Le féminisme des années 1970, op. cit., p. 760.

[1] Il faut noter que ce foisonnement ne tient que très peu compte des situations non-occidentales, à l’exception de quelques travaux sur le Maghreb (Guellouz, Sadiqi par exemple).

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