Journée d’étude

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 rfslogo2Congrès 2017

Appel à communications

IDENTITÉS, CONFLITS ET INTERVENTIONS

SOCIOLINGUISTIQUES

Montpellier, Université Paul-Valéry, DIPRALANG EA 739

14, 15, 16 juin 2017

http://rfs2017.upv.univ-montp3.fr/

 

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Séminaire DIPRALANG

24 octobre 2016, 17h (Salle Jourda)

Effets des enjeux idéologiques de la Revitalisation : clarifications de linguistes sur deux terrains de langues très menacées.

Colette Grinevald et Michel Bert, UMR DDL Lyon2 – CNRS (coords. de l’équipe « Langues en Danger : Terrain – Documentation – Revitalisation » (LED-TDR))

L’équipe Langues en Danger : Terrain – Documentation – Revitalisation (LED-TDR) du Laboratoire DDL Auvergne – Rhône-Alpes participe activement aux réflexions au sein de la linguistique sur le phénomène des LED : de la prise de conscience du phénomène LED par des linguistes de terrain, dans les années 90, aux réflexions sur l’évaluation de la vitalité des langues (UNESCO 2003), sur les méthodes de collecte de données et les spécificités des profils possibles de locuteurs/informateurs de LED dans une dimension éthique du travail avec eux (Grinevald & Bert 2014). Elle poursuit actuellement ces réflexions autour du thème des enjeux idéologiques (Grinevald & Bert 2012, 2014) sous-jacents à la Revitalisation des LED (Costa 2010), en particulier ceux de situations de langues très menacées, en contextes dits postvernaculaires (Pivot 2014). Les dynamiques de deux situations de terrain actuelles seront présentées : celle du francoprovençal (France) et celle de langues « dormantes » de l’Oregon (USA).

Bibliographie

Costa, James. 2010. Revitalisation linguistique : discours, mythes et idéologies; approche critique de mouvements de revitalisation en Provence et en Ecosse. Thèse de Doctorat, Grenoble 3. http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00625691/.

Bert, M., Costa, J., Grinevald, C. & Martin, J.B., 21012, Langues de France, langues en danger : aménagement et rôle des Linguistes. Cahiers de l’Observatoire des pratiques linguistiques n° 3 de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France, Toulouse, Privat.

Grinevald C. & Bert M., 2010, Linguistique de terrain sur langues en danger: Locuteurs et linguistes, Faits de Langues 35-36,. Paris: Ophrys.

Grinevald, C. & Bert M., 2014, « Whose ideology, where and when? Rama (Nicaragua) and Francoprovençal (France) experiences », in Endangered Languages: Beliefs and Ideologies in Language Documentation and Revitalisation, Austin, P. & Sallabank, J. (eds), Oxford, Oxford University Press, pp. 357-386

Pivot, B. 2014, Revitalisation de langues postvernaculaires : le francoprovençal en Rhône-Alpes et le rama au Nicaragua, thèse de doctorat, Lyon, France: Lyon 2.

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Séminaire mensuel 2015-2016

Lundi 9 mai

 (17h – 19h, salle Jourda, Bât. E., Université Paul-Valéry Montpellier)

Séance en région de l’Atelier de Recherches Linguistiques sur le Genre et les Sexualités : Julie ABBOU (CREM-Praxitexte, Université de Lorraine), Alice COUTANT(Philépol, Paris 5), Mona GERARDIN-LAVERGE (CPCS, Paris 1), Noémie MARIGNER (PLEIADE, Paris 13 / CLESTHIA, Paris 3) :

Intégrer la dimension genre dans les analyses (socio)linguistiques : questions d’objets et de paradigmes.

Puisque la sociolinguistique se préoccupe des rapports sociaux, et que les rapports sociaux vont rarement sans rapport de pouvoir, la sociolinguistique fait partie des domaines qui se sont intéressés au genre, compris comme un rapport de pouvoir ou de domination.

Cela est vrai du monde anglophone (qu’on pense à des auteurs classiques des Gender & Language Studies telles que Coates, Holmes, Eckert, McConnell-Ginett, Sunderland, Bucholtz, etc. comme aux travaux plus récents publiés par exemple par la revue Gender & Language), mais aussi, dans une moindre mesure, du monde francophone (Moïse, Greco, Bailly, Armstrong pour la France, Larivière, Labrosse, Beauchamp, Poplack au Québec, Duchêne, Elmiger en Suisse, etc.[1]). La plupart de ces recherches placent le genre au cœur de leur démarche, et chaussent, selon l’expression de Bem, les lunettes du genre. C’est-à-dire que le genre y est pris comme paradigme d’analyse avant d’être un objet d’étude.

Or, en sociolinguistique, comme dans l’ensemble des sciences humaines et sociales, le genre a connu les heurs et malheurs des concepts à la mode. De plus en plus de travaux intègrent une dimension genre dans leurs analyses. Et si l’on peut se féliciter d’une large prise en compte de ce rapport social, il ne faut pas perdre de vue que le genre ne peut être réduit à une simple variable comme c’est le cas dans de nombreux travaux, variationnistes ou non. En effet, la description des pratiques linguistiques des hommes et des femmes ne suffit pas à parler de genre. C’est en se concentrant sur les catégories sociales de la masculinité et de la féminité au prisme du langage que l’on peut plutôt, nous semble-t-il, travailler sur la fabrique de ces catégories à travers la langue et le discours. Cela implique une approche constructiviste, qui, parce qu’elle est politique, n’est pas partagée par l’ensemble des chercheur.es de la discipline.

Avec cette communication à plusieurs voix issues de différentes disciplines du langage, nous voudrions ainsi revenir sur la nécessaire prise de position politique qu’implique un travail sur le genre, et, conséquemment, sur l’impossibilité de mener une analyse non-critique du genre. Autrement dit, travailler sur le genre requiert de positionner nos savoirs et nos pratiques de recherches. Nous croyons que ces approches trouvent des complicités avec les approches sociolinguistiques critiques. Et c’est à ce titre que nous souhaitons entamer un dialogue sur les apports méthodologiques et épistémologiques que les études de genre peuvent fournir à une analyse sociale et située des pratiques langagières.

« c’est incontestablement dans la critique des catégories de la pensée que le féminisme connaît son impact le plus important »

Fougeyrollas-Schwebel, Le féminisme des années 1970, op. cit., p. 760.

[1] Il faut noter que ce foisonnement ne tient que très peu compte des situations non-occidentales, à l’exception de quelques travaux sur le Maghreb (Guellouz, Sadiqi par exemple).

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Séminaire mensuel 2015-2016

Lundi 18 avril (17h – 19h, salle Jourda, Bât. E., Université Paul-Valéry Montpellier)

Bénédicte PIVOT, Laboratoire DIPRALANG (E.A. 739), UPV Montpellier:


Postvernacularité et enjeux sociaux de la « revitalisation linguistique ».

La notion de postvernacularité a été utilisée et définie pour la première fois par Shandler (1),  en 2004. C’est en analysant les pratiques sociales et langagières de la communauté yiddish de New-York qu’il met en avant une dynamique de mise en scène de la langue, de “performing act”, qui finalement et socialement prime sur l’usage communicationnel du yiddish. Il caractérise comme pratique postvernaculaire, la pratique sociale qui tend à attribuer une fonction symbolique à la langue prépondérante et qui aboutit à ce qu’au bout du compte il est plus important que quelque chose soit dit dans la langue plutôt que le sens du message réellement exprimé. La postvernacularité est une caractéristique qui s’exprime dans un contexte de déclin de la pratique sociale de la langue, autrement dit dans des situations sociolinguistiques de langues en danger, où la langue en question est déjà remplacée par une (ou plusieurs) langue(s) pour les usages quotidiens de communication. Ces situations, sont souvent soumises à des pressions sociales et/ou politiques, locales ou supra, autour de la maintenance, voire de la revitalisation des langues en perte de vitalité.

En m’appuyant sur deux études de contextes sociolinguistiques de langues en danger, le rama au Nicaragua et le francoprovençal en Rhône-Alpes, je montrerai dans un premier temps en quoi les pratiques sociales de ces langues sont caractéristiques de pratiques postvernaculaires et dans un deuxième temps, en quoi ces pratiques questionnent les fondements théoriques de leurs politiques de revitalisation linguistique. Ces études de cas ont mis en exergue le hiatus existant entre les actions et les discours portés par les acteurs de la revitalisation d’une part et la portée des pratiques actuelles ou projetées d’autre part. Elles révèlent l’inadéquation des modèles d’action et d’explication utilisés par les acteurs et les décideurs, qui sont empruntés à la connaissance et la compréhension de ce que sont les engagements de revitalisation linguistique. Or, ces modèles, voire également la notion de revitalisation, sont à questionner à l’aune de la postvernacularité des pratiques sociales de ces langues.

(1): Shandler, Jeffrey. « Postvernacular Yiddish: language as a performance art. » TDR/The Drama Review 48, no. 1 (2004): 19-43.

(2): Shandler, Jeffrey. Adventures in Yiddishland: Postvernacular language and culture. University of California Press, 2005.

 

– Tetyana KOTSYUBA UGRYN, Laboratoire DIPRALANG (E.A. 739), UPV Montpellier et Université nationale Taras Chevchenko de Kiev :

La gestion de la situation linguistique en Ukraine dans le contexte politique contemporain.

L’un des aspects les plus sensibles de la vie politique ukrainienne depuis l’indépendance de cette ex-république soviétique en 1991, touche la gestion de sa situation linguistique et en particulier le statut de l’ukrainien, seule langue officielle depuis 1996, et du russe, seule langue officielle de l’URSS, toujours utilisée par la moitié de la population de l’Ukraine indépendante dans la vie quotidienne, mais reléguée au statut d’une langue minoritaire par la Constitution de 1996.

Depuis les années 1990, suite à de nombreuses lois sur la langue nationale en Ukraine dont la Constitution qui proclame l’ukrainien seule langue officielle du pays et garantit la sauvegarde et le développement de son usage, l’Ukraine s’efforce de « renationaliser » sa population. Cette renationalisation passe, en premier lieu, par la promotion de la langue et de l’identité ukrainiennes dans l’éducation, les médias et la politique.

Après la Révolution orange de 2004 et le réveil national qu’elle a initié, de nombreux Ukrainiens espéraient l’évolution de la politique linguistique du pays dans le sens d’une ukrainisation encore plus poussée, dans la sphère publique notamment. D’autres l’appréhendaient. Ainsi, à l’est et dans le sud du pays, certaines régions, dont celles de Donetsk et de Lougansk, ont pris la décision, tout illégitime soit-elle, de donner au russe le statut d’une langue régionale. L’entrée en vigueur de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires en Ukraine en 2006, dont certaines dispositions ne sont pas conformes à la législation ukrainienne, en particulier à la Constitution, n’a fait qu’aggraver la situation, ouvrant la voie à des spéculations politiques sur cette question.

La Révolution de la dignité de 2014 et les événements qui l’ont suivie, eux aussi, n’étaient pas sans importance pour la politique linguistique en Ukraine. Dans notre communication on tentera de décrire la gestion de la situation linguistique en Ukraine en 2014 et 2015 dans le contexte des changements politiques, juridiques et identitaires.

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